Jeûne sec doux ou jeûne sec dur ?

En complément de mon article qui présentait les bénéfices du jeûne sec, et pour en terminer avec cette thématique, j’aimerais revenir sur une interrogation de l’un de mes lecteurs concernant la question de l’eau externe : dans quel mesure un jeûne sec reste-il « sec » si par exemple on prend des bains, des douches ?

La réponse la plus simple serait déjà de signaler que tout est possible. Il y a mille façons de jeûner, et il y a aussi plusieurs façon de jeûner à sec, avec chacune leurs caractéristiques, avantages et inconvénients propres. J’aimerais donc en premier lieu vous suggérer de ne pas rester coincé sur un protocole rigide si vous voyez que cela ne fonctionne pas pour vous, car tout est question d’adaptation individuelle. Ceci étant vrai pour la pratique du jeûne, mais aussi pour toute activité qui demande une adaptation à votre corps (activité sportive, changement alimentaire…).

Ce petit rappel (un peu barbant mais nécessaire !) étant posé, on pourrait maintenant diviser le jeûne sec en deux sous-catégories.

Le jeûne sec dur

Le jeûne sec « dur » consiste bien sûr à éviter toute ingestion de nourriture et d’eau, mais aussi à éviter au maximum tout contact avec l’eau, donc exit les bains, douches, brossages de dents… Un peu extrême ? À chacun d’en juger. La raison d’être de ce protocole étant que toutes nos muqueuses fonctionnent en absorption comme en élimination dans diverses proportions. Mais durant un jeûne sec, la capacité d’absorption de l’eau de nos muqueuses augmente ! Si l’on prend un bain, on va donc théoriquement retenir plus d’eau pendant un jeûne sec. Dans quelle mesure cela impacte-t-il ses bénéfices ? On le verra plus loin. Dans ce paragraphe, on pose juste les définitions.

Le jeûne sec doux

Le jeûne sec « doux », quant à lui, vous l’aurez compris, consiste également en une privation de nourriture et d’eau. Mais à l’inverse de la version « à la dure », nous ne nous préoccupons pas particulièrement d’éviter le contact avec l’eau externe.

Quelle différence en pratique ?

En ce qui me concerne, je pratique régulièrement le jeûne intermittent, le plus souvent sans eau. Pour résumer en deux mots ce que j’expose dans mon mon premier article sur le jeûne sec : l’intérêt étant de ne pas perturber l’équilibre du sang, avec comme résultat un meilleur métabolisme (meilleure thermogenèse, meilleure combustion des graisses, etc…)

Que se passe-t-il si je jeûne à sec une matinée et que je décide d’aller prendre une douche ou un bain (plutôt froid de préférence) ? Et bien même si en pratique, une partie de l’eau est absorbée par mon corps, non seulement cette quantité est suffisamment minime et diffuse pour ne pas perturber l’équilibre de mon fluide sanguin, mais en plus l’effet sur le métabolisme de cette plongée en eau froide ira dans le sens de la stimulation du métabolisme. Ce qui va d’autant plus relancer la combustion des graisses, et me permettre de poursuivre éventuellement le jeûne encore quelques heures avec d’autant plus d’aisance. Alors pourquoi s’en priver ?

Au-delà de la théorie donc, si cela fonctionne pour moi et que je me sens bien, c’est que c’est la bonne manière de procéder. Voilà pourquoi je préconise avant tout de garder une vision d’ensemble, et ne pas buter sur des détails… Et puis l’été approchant, si vous avez la chance d’habiter près de la mer, ce serait dommage de se priver des bienfaits des bains d’eau de mer.

Conclusion

Jeûne sec dur ou jeûne sec doux ? Tout dépend de ce pour quoi vous jeûnez. D’après mon expérience, pour un jeûne intermittent ou l’on cherche avant tout l’optimisation du métabolisme, vouloir s’astreindre à la version dure peut relever du pinaillage improductif. Cela pourrait éventuellement se justifier d’avantage dans le cadre d’un jeûne sec plus long où l’on recherche surtout un nettoyage profond (d’autant plus que la capacité des muqueuses à absorber l’eau augmente au fil des jours). Si vous avez une expérience à partager à ce sujet, l’espace commentaire vous est tout ouvert !

Thierry Reid
 

Après avoir surmonté 30 ans de problèmes de santé chroniques, je partage désormais mon expérience et mes connaissances pour aider chacun à redevenir autonome en matière de santé.

  • TenTooMuchi dit :

    Oui, Bonjour Thierry,
    j’ai dernièrement improvisé une jeûne de qqs jours, finalement 6, dans lequel j’ai introduit 2 fois 36 heures de jeûne sec.
    Contente de moi car j’avais un peu plus que doublé le temps de mon dernier jeûne !
    Je me trouvais en bord de mer (fond de bassin, donc eau pas très froide ni mouvementée) et « en vacances », c’est à dire, toute disponible à l’observation de ce qui était expérimenté pendant ce processus. Dans ce contexte, j’ai répondu à l’attirance de mon corps (organisme ?) pour l’eau de mer. En méditant sur la sensation de satisfaction éprouvée, je pense pouvoir dire que je me serais de même laisser aller avec plaisir à tremper mes pieds, mais pas guère plus, dans une rivière bien fraîche. À la rigueur, je peux imaginer une sensation similaire de plaisir, mais moindre, en évoquant un bain de magnésium ou bicarbonate de soude. Par contre, une douche à l’eau de javel ou un bain de la même eau avec adjonction de produit qui mousse provoque en moi une sensation de dégoût, de répulsion.
    Par ailleurs, en observant la qualité des aliments qui m’attiraient à la reprise de nourriture (crudités-salades, courgettes, carottes, choux rouges que j’imaginais avec délectation soupoudré d’une pincée de sel de mer, je me dis que cette attirance pour cette eau ci, et cette répulsion pour cette autre eau là, relevait autant d’une attirance pour les minéraux qu’elle contenait que pour sa qualité liquide.
    Mon organisme est du type qui a du mal à fixer les minéraux, et à plutôt tendance à aller s’en nourrir dans ses réserves. Est-ce pour cela que je manifestais cette attirance ? ou bien est-ce quelque chose de plus largement partagé ?
    Par ailleurs, me promenant dans la prairie alpine, je remarquais qu’aux vaches qui pouvaient se régaler d’une variété incroyable de fleurs et d’herbes d’une qualité nutritionelle certainement d’une très grande qualité, les éleveurs prenaient tout de même soin de répartir un peu partout de gros pains de sel que j’ai du mal à imaginer laissés là pour les touristes en excès de sudation. ;-).
    Pourrais-tu, stp, alimenter mes questions autour de ce sujet ? me proposer des pistes de recherches?
    Je te remercie pour la qualité de ton travail.
    TentooMuchi

    • Thierry Reid dit :

      Merci pour ce joli témoignage. Après un jeûne, ton envie d’aliments salés n’a rien d’étonnant. Ton organisme a besoin de faire le plein de minéraux, surtout si comme tu le décris tu es plutôt du type déminéralisée / fatiguée (les deux vont de pair), donc plus de difficulté à retenir le sodium.

  • TenTooMuchi dit :

    Merci pour ta réponse.
    Pourrais-tu envisager de produire un article sur le jeûne et la perte/gestion des minéraux.
    Je trouve des « trucs » sur la perméabilité des cellules, mais rien de très clairs, me semble-t-il pour les non -initiés qui de plus n’auraient pas fait d’études option science.
    Si non, pourrais-tu m’orienter vers des articles de ton blog ou autres ?
    Merci par avance

  • TenTooMuchi dit :

    Par ailleurs, ayant fait quelques « diètes chamaniques » dans le contexte amérindien du sud, l’interdiction de sel est parti prenante du process…. « parce que ça rend perméable aux esprits ».
    De ce côté-ci de l » Atlantique, il est bien connu que faire un cercle de sel autour de soi, éloigne les esprits maléfiques.
    As-tu une idée de ce que cela pourrait recouvrir d’un point de vue nutritionnel, biologique ?

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