Régime CÉTOGÈNE 🥑 : est-ce vraiment la solution ?

Des avis sur le régime cétogène, ce n'est pas ce qui manque sur le net...

Comme souvent, dès que l'on parle d'un régime particulier (quel qu'il soit), on peut voir se dessiner deux camps bien distincts.

Dans notre cas : 

  • Les anti-cétogènes : des personnes qui neuf fois sur dix n'ont pas expérimenté le régime en question, fondant uniquement leur opinion sur de vieux dogmes en nutrition tels que : les graisses saturées sont mauvaises pour la santé ;
  • Les pro-cétogènes : eux sont convaincus, car ils ont commencé à le pratiquer (ou le pratiquent déjà depuis un certain temps) et se sentent mieux qu'avec leur précédente alimentation. Cette fois c'est sûr, le grand méchant responsable de tous les maux de l'humanité... ce sont les glucides !

Et entre ces deux catégories, il y a ceux qui, comme moi, vont aller chercher les contradictions apparentes, les confronter entre elles pour au final essayer d'en tirer l'unique vérité... car il n'y a qu'une seule vérité (mais plusieurs contextes) !

Je vais donc tenter aujourd'hui de m'atteler à la lourde tâche d'exprimer, avec les nuances requises, ce que je pense du régime cétogène de la manière la plus accessible possible (sans rentrer dans des détails biochimiques trop complexes).

Car oui, pour avoir étudié longuement la question, et ayant moi-même expérimenté le régime cétogène, j'ai bien conscience qu'il s'agit d'une tâche complexe.

Malgré tout, je pense pouvoir vous faire part de mes conclusions argumentées et, en passant, déconstruire quelques mythes autant du côté des pros que des antis.

Alors si vous souhaitez avoir une opinion un peu plus construite et nuancée que ce qu'on lit habituellement sur ce sujet, vous êtes au bon endroit.

Mais commençons d'abord par rappeler les fondements du régime cétogène, ses origines et dans quel contexte il a été mis au point.

More...

Qu'est-ce que le régime cétogène ?

Origines du régime cétogène : le jeûne

Dans les années 1920, le Dr Hugh Conklin a une intuition concernant ses patients atteints d'épilepsie : cette maladie serait causée selon lui par une toxine produite dans les intestins. Il propose alors à ses patients de tester le jeûne à l'eau pendant plusieurs semaines, voire jusqu'à un mois complet. 

Résultats spectaculaires : la grande majorité des patients ne manifestent plus de troubles épileptiques pendant le jeûne (sans que l'on ne parvienne clairement à expliquer pourquoi à cette époque).

Le métabolisme énergétique en jeûne

C'est finalement dans les années 1970 qu'un autre chercheur, le Dr George Cahill, démontre qu'en cas de privation alimentaire prolongée, le cerveau habituellement dépendant du glucose utilise un carburant alternatif : les corps cétoniques (aussi appelés cétones). Ces derniers étant élaborés par le foie à partir des réserves de graisses dans l'organisme.

Les résultats du traitement par le jeûne contre les troubles épileptiques furent d'autant plus probants chez les enfants. Mais faire jeûner de manière prolongée un enfant en pleine croissance peut se révéler non approprié, voire problématique.

Il fut alors élaboré un régime alimentaire permettant de ​reproduire le métabolisme énergétique propre au jeûne en forçant le corps à utiliser les corps cétoniques tout en continuant à assurer les besoins nutritionnels de l'enfant.

C'est ainsi qu'est né officiellement le « régime cétogène ».

Il ne s'agit donc pas en premier lieu d'une mode (bien que les marketeurs de régimes amaigrissants aient tendance à s'en emparer aujourd'hui...), mais d'un régime alimentaire élaboré dans un contexte médical précis pour des cas bien particuliers.

Les études nous disent qu'il permettrait de réduire les crises d'épilepsie de plus de 50 % pour environ 40 % des enfants et de les supprimer à 90 % ou en totalité dans 7 à 15 % des cas... mais rapportent également des effets secondaires potentiels tels que des vomissements ou de la constipation (1).

Répartition des macronutriments

Pour favoriser l'utilisation des corps cétoniques comme carburant principal, la glycémie et le niveau d'insuline doivent être maintenus à un niveau faible.

Le moyen le plus simple pour y parvenir est de réduire au strict minimum les glucides alimentaires (il est souvent recommandé entre 20 à 50 g par jour maximum). En réalité plus une personne possède une bonne sensibilité à l'insuline, et plus elle va pouvoir manger de glucides sans que cela n'ait d'impact négatif sur le niveau de cétose.

Cela signifie de même que l'apport alimentaire venant des protéines doit être modéré, ces dernières ayant également tendance à faire monter l'insuline (dans une moindre mesure).

Macronutriments en cétogène

Un exemple (parmi d'autres) de répartition macronutritionnelle en régime cétogène

Dans un raisonnement à priori logique, on en déduit qu'en régime cétogène, les lipides devraient constituer entre 65 et 70 (voire 80) % de l'apport calorique alimentaire.

C'est effectivement le cas dans le régime cétogène conçu à l'origine pour les enfants en pleine croissance souffrant d'épilepsie, que l'on appelle également « régime cétogène thérapeutique » (voir partie précédente).

Mais ce n'est qu'une application du régime cétogène parmi d'autres. Et ce n'est d'ailleurs pas forcément celle qui conviendra à tout le monde pour des raisons que je détaillerai dans la dernière partie de l'article.

Oui, dans tous les cas, la source de carburant primaire sera toujours les lipides puisque ces derniers représentent le substrat de base nécessaire à la création des corps cétoniques.

Mais contrairement à la croyance populaire, les lipides n'ont pas nécessairement besoin de provenir exclusivement de l'alimentation.

Ils peuvent bien sûr provenir de nos réserves de graisses en cas de restriction calorique ou en période de jeûne (qu'il soit intermittent, court ou long).

Des acides gras à chaînes courtes peuvent également être synthétisés dans notre côlon à partir de la fermentation des fibres. Ceci est très peu connu (vous pouvez consulter l'article sur la diète cétogène verte de Gwenola Le Dref si vous souhaitez plus de détails sur ce sujet).

Dans l'absolu, un régime dit cétogène n'est donc pas nécessairement un régime très riche en gras, surtout s'il est pratiqué de manière intermittente et non en continu. C'est avant tout un régime qui a pour but de favoriser l'état de cétose.

Focus sur la cétose : une histoire de poêle à bois

Avant d'aller plus loin, il me semble important d'apporter quelques précisions sur la différence de nature entre les différents types de carburants (glucides, lipides, corps cétoniques).

Car peut-être vous posez-vous la question : c'est quoi le meilleur carburant au final ?

Et la réponse est bien évidemment... ça dépend ! Mais je vais vous expliquer tout ça avec une métaphore parlante.

Métabolisme énergétique : du petit bois aux bûches

Admettons que votre centrale énergétique (mitochondrie) soit un poêle à bois...

  • les glucides représentent le petit bois : il brûle facilement, de manière brève mais intense ;
  • les lipides représentent les bûches : elles mettent plus de temps à commencer à brûler, mais une fois allumées, elles brûlent de manière plus durable dans le temps ;
  • les corps cétoniques représentent la fumée issue de la combustion des bûches !

L'utilisation de l'un ou autre carburant dépendra donc non seulement de votre alimentation, mais aussi de la fréquence de vos repas, de votre état de stress interne, de votre niveau d'activité physique, du moment de la journée, de tout un tas de facteurs divers et variés.

Contrairement au cerveau qui ne peut fonctionner qu'à partir de molécules fines comme le glucose ou les corps cétoniques, les muscles et autres organes ont également la possibilité d'utiliser les graisses directement sans passer par les corps cétoniques.

Un exemple ?

Pour des activités intellectuelles nécessitant un niveau de concentration élevé et stable dans le temps, fonctionner majoritairement sur les corps cétoniques est idéal.

Une preuve ?

En jeûne intermittent, on expérimente déjà un certain niveau de cétose. Ceux qui le pratiquent régulièrement le savent très bien et le vivent au quotidien : on est beaucoup plus concentré à jeun, le cerveau étant essentiellement alimenté par les corps cétoniques.

Mais j'entends déjà quelques objections se lever...

Thierry, qu'est-ce que tu racontes... ?! Les réserves de sucres dans l'organisme mettent au minimum 24 à 48 heures pour se vider. Le corps n'a donc pas le temps de passer en cétose durant un jeûne intermittent quotidien !

Je crois que le moment est venu de faire la lumière sur quelques conceptions erronées concernant le fameux passage en cétose.

Non, on ne passe pas en cétose...

Beaucoup de personnes s'imaginent qu'il y aurait un moment précis, lorsque certaines conditions seraient réunies, où le corps passerait brusquement d'un état standard à l'état de cétoseUne sorte d'illumination biologique où le corps aurait tout à coup acquis de nouvelles facultés... !

La réalité est un peu moins binaire... Les corps cétoniques ne sont rien d'autre que des éléments inhérents au métabolisme humain. Comme je l'ai déjà mentionné plus haut, la quantité de cétones produite à un instant T variera en fonction de nombreux facteurs... mais elle ne sera JAMAIS nulle.

La cétonémie (taux de corps cétoniques dans le sang) sera plus élevée pendant le sommeil, les phases de jeûne ou avec une alimentation faible en glucides.

En clair, dès que l'insuline est suffisamment basse, votre corps aura l'opportunité d'utiliser les graisses (les vôtres ou celles présentes dans l'alimentation) et fabriquer des corps cétoniques.

S'il fallait attendre de vider ses réserves de glycogène pour commencer à utiliser ses réserves de graisses, la perte de poids deviendrait impossible sans jeûner au minimum 24 à 48 heures. Cette théorie ne tient donc pas debout.

Le corps utilise constamment ses réserves de graisses ET de sucres en fonction de ses besoins et de la localisation des organes. Il faut se rappeler qu'environ 25 % du cerveau reste dans tous les cas dépendant du glucose (dans le cadre d'un régime cétogène, celui-ci sera fournit par néoglucogenèse).

Lorsque les réserves de sucres sont vides, la proportion de corps cétoniques produite augmente. Mais sont-ils systématiquement utilisés pour autant ?

Mesure de la cétonémie : une autre chimère ?

Jusqu'à présent, la plupart des personnes voulant mesurer leur niveau de cétose, que ce soit en jeûne ou en régime cétogène, prenaient comme référentiel ce genre de graphique (voir ci-dessous).

Echelle de cétose

(Je rappelle que la cétonémie correspond au taux de cétones présents dans le sang.)

Mais si l'on y réfléchit bien, ce qui se trouve dans le sang ne reflète pas ce qui est véritablement utilisé par l'organisme...

Si on raisonne par analogie, tout le monde est d'accord pour dire qu'un taux de sucre sanguin chroniquement élevé est le signe d'une mauvaise utilisation du sucre. Pourquoi en serait-il autrement pour les corps cétoniques ?

On sait d'ailleurs très bien que ces derniers sont néfastes pour l'équilibre acido-basique en trop grande quantité, puisque dans des cas extrêmes (en cas d'absence de production d'insuline chargée de réguler la production de corps cétoniques) on parle d'acidocétose. Cette dernière condition ne pouvant heureusement survenir qu'en cas de diabète insulino-dépendant (type 1).

Même si vous trouverez actuellement des dizaines de sites web vous expliquant comment mesurer votre niveau de cétose, la réalité est que l'on n'a actuellement aucun moyen de mesurer le niveau de cétose réel ou de céto-adaptation, c'est-à-dire le niveau d'utilisation des corps cétoniques pour produire de l'énergie, autre que le ressenti subjectif.

Certains spécialistes de la cétose comme de Dr Westman commencent à le reconnaître...

(Cliquez sur l'image ci-dessous pour lancer l'extrait vidéo sous-titré en français.)

Que peut-on en conclure ? Plusieurs choses...

  • Le graphique ci-dessus (échelle de cétonémie) n'est pas pertinent pour mesurer le niveau céto-adaptation (utilisation réelle des corps cétoniques) ;
  • En revanche, il est pertinent concernant le niveau d'acidocétose puisque cet état pathologique est directement lié au niveau de cétones dans le sang ;
  • Une cétonémie basse peut signifier soit que vous produisez peu de corps cétoniques, soit que vous en produisez beaucoup et que vous les utilisez ;
  • Une cétonémie haute signifie que vous produisez beaucoup de corps cétoniques mais que votre organisme ne sait pas encore les utiliser efficacement.

Les soi-disant traditionnels symptômes de cétose (haleine sentant l'acétone, présence de cétones dans l'urine) ne sont donc que des symptômes d'élimination par les voies respiratoires et rénales de corps cétoniques produits en excès... et en aucun cas des signes de céto-adaptation. Ces signes disparaissent généralement au bout d'un certain temps.

Comment favoriser la céto-adaptation ?

L'une des raisons qui font que nos organismes ne sont plus habitués à utiliser les corps cétoniques est la surabondance alimentaire chronique caractéristique de notre civilisation moderne.

La plupart des gens à notre époque ne se sont jamais arrêtés de manger ne serait-ce que 24 heures dans leur vie, alors que le jeûne est pourtant une pratique ancestrale (non pas seulement pour des raisons religieuses, mais également pour des raisons d'hygiène de vie). Cela explique en partie l'explosion des maladies chroniques à notre époque.

À cela s'ajoute bien sûr une alimentation bien souvent trop riche en calories, en protéines animales, en sucres et graisses dénaturées qui détraquent notre métabolisme à long terme et rendent nos cellules résistantes à l'insuline.

Or la résistance à l'insuline conduit à des niveaux d'insuline chroniques trop élevés, ce qui annihile toute possibilité d'aller puiser dans nos réserves de graisses et d'utiliser les corps cétoniques comme carburant.

Maintenant, vous vous demandez peut-être : comment favoriser la céto-adaptation ?

Réponse : en favorisant la restauration des voies métaboliques permettant leur utilisation. Et pour cela, il n'y a pas de recette miracle si ce n'est l'entraînement.

Tout comme on peut entraîner un muscle en l'exerçant régulièrement, on peut entraîner son métabolisme à devenir de plus en plus efficace en situation de restriction alimentaire temporaire.

La base étant d'arrêter de stimuler sa production d'insuline de manière excessive en revenant à une alimentation plus traditionnelle, plus dense en micronutriments et en fibres, moins riche en calories vides et en sucres à hautes charges glycémiques.

Commencer à expérimenter la pratique du jeûne à son niveau permettra d'habituer progressivement le corps à l'utilisation de ses réserves sans désagréments majeurs. Je vous renvoie à mon guide sur le jeûne qui constitue une bonne introduction en la matière.

L'exercice physique intensif permet également de booster la production et l'utilisation des corps cétoniques (à condition de ne pas se gaver de sucre pendant ou juste après l'effort).

Dans certains cas, le régime cétogène, en réduisant les glucides, et à condition de ne pas manger n'importe quelle cochonnerie à côté sous prétexte que c'est cétogène, peut également permettre des améliorations sur le plan métabolique, bien qu'il y ait selon moi quelques inconvénients à suivre ce type d'alimentation sur le long terme... Rassurez-vous, je donnerai MON avis plus en détail sur le régime cétogène dans la partie suivante.

Ce qu'il faut retenir, c'est qu'on ne devient pas céto-adapté en un claquement de doigt. Beaucoup de personnes sont tentés de passer d'une alimentation pléthorique et loin d'être idéale sur le plan nutritionnel à un jeûne long ou un régime cétogène radical du jour au lendemain... Ce n'est pas étonnant que ça ne se passe pas tout à fait de la manière rêvée.

Votre métabolisme a besoin d'entraînement et de temps pour s'adapter.

Mon avis (+ expérience) sur le régime cétogène

En tant que personne manifestant beaucoup d'intérêt pour le jeûne (comme vous pouvez le voir en parcourant mon blog), j'ai été amené à m'intéresser il y a quelques années au régime cétogène et à le mettre en pratique.

Puisque la cétose est un état métabolique commun au jeûne et au régime cétogène, on est souvent conduit à penser que les deux sont indissociables, voire substituables l'un l'autre. Je reçois d'ailleurs souvent des messages de personnes lisant mon blog me demandant ce que je pense de ce régime, et ce n'est pas un hasard.

Pour ma part ce fut un échec, mais riche d'apprentissage... J'ai pratiqué pendant 4 semaines une alimentation contenant environ 80 % de lipides et j'avoue ne m'être jamais senti aussi mal avec de nombreux symptômes d'acidification et de déminéralisation.

Entre autres : au bout de 2 semaines, je commençais à saigner du nez quotidiennement, mes dents commençaient à prendre une couleur et une texture peu rassurante... J'avais littéralement l'impression d'avoir pris 10 ans d'âge en quelques semaines !

Mon alimentation était pourtant constituée de vrais aliments (pas de junk food), de bonnes graisses non transformées, des bons légumes crus (et cuits à la vapeur) pour les fibres et les minéraux, pas trop de protéines... J'avais enlevé les fruits car l'objectif était d'avoir un apport inférieur à 30 g de glucides, ainsi que la plupart des légumes racines riches en sucres.

Alors où était le problème ?

Il m'a fallu quelques semaines pour prendre du recul sur cette expérience et continuer mes recherches avant de comprendre.

Un régime qui peut s’avérer dangereux si mal conduit et non adapté au terrain de la personne

Mon erreur principale a été de vouloir trop bien faire... !

J'avais adopté une approche purement intellectuelle en suivant certaines préconisations de spécialistes (qui se présentent comme tel en tout cas) du régime cétogène en ingérant quotidiennement un nombre fixe extrêmement élevé de lipides par jour (au mins 200 g) pour favoriser le passage en cétose.

Sauf que ce n'est pas aussi simple... Et vous allez maintenant comprendre pourquoi j'ai lourdement insisté plus haut sur la différence entre cétose (mesurable dans le sang) et céto-adaptation (cétose fonctionnelle non mesurable).

Ingérer des quantités massives de lipides va certes augmenter la quantité de cétones dans le sang, mais si ces derniers ne sont pas utilisés en majorité, le corps va logiquement les considérer comme des déchets, et cela peut mettre une pression énorme sur les organes d'élimination, les reins en particulier.

C'est en écoutant ce bon vieux Ori Hofmekler (voir également son interview sur l'hormèse) parler du régime cétogène quelques temps plus tard que j'ai eu comme une ampoule qui s'est allumée dans ma tête...

(Cliquez sur l'image ci-dessous pour lancer l'extrait vidéo sous-titré en français.)

Au final, j'ai réparé les dégâts en reprenant une alimentation plus équilibrée sur le plan macronutritionnel et en pratiquant le jeûne, même si cela a mis quelques semaines...

Mais il y a d'autres problèmes potentiels qui peuvent s'accumuler avec un régime cétogène :

  • Un régime cétogène basé sur les lipides impose une charge digestive importante et sollicite plus que d'ordinaire le foie et la vésicule biliaire. Attention si vous avez des problèmes de ce côté-là (ce qui est souvent le cas lorsque l'on entreprend un changement alimentaire pour des raisons de santé) ;
  • En supprimant une grande partie des fruits et légumes glucidiques, colorés, on se prive également d'une source abondante de micronutriments (phytonutriments, minéraux, antioxydants...). On peut bien sûr manger des légumes verts fibreux, mais cela reste quand même très restreint en matière de diversité ;
  • L'équilibre minéral du corps est plus difficile à préserver en régime cétogène pour diverses raisons, avec un risque de carences en sodium, magnésium et potassium en particulier (malheureusement beaucoup se précipitent sur les compléments de minéraux inorganiques, alors que leur biodisponibilité est très faible...) ;
  • Les toxines et autres pesticides sont solubles dans le gras. Avec une alimentation très riche en lipides, on augmente automatiquement la charge toxique de son alimentation (et on sollicite donc également plus ses organes d'élimination) ;
  • En restreignant les glucides de manière trop stricte sur une trop longue période, le pancréas s'adapte et diminue en taille, la tolérance aux glucides diminuant en même temps (bien que les cellules peuvent devenir plus sensibles à l'insuline, le pancréas n'est plus capable d'en produire suffisamment). En ce sens, rester de manière continue en cétose pendant des mois diminue le niveau de flexibilité métabolique.

Je précise tout de même que je ne suis pas anti-gras... La diminution trop drastique des lipides dans l'alimentation fait d'ailleurs partie de l'une de mes 7 erreurs en alimentation santé.

Mais entre consommer plusieurs centaines de grammes de lipides par jour et ne plus consommer du tout de produits gras, il y a peut-être un juste milieu à trouver non ?

Je ne suis donc ni anti-gras, ni anti-sucres... juste anti-dogmes !

En parlant de dogmes, et si on parlait des méchants glucides ?

Les exagérations sur la nocivité des glucides

On voit aujourd'hui de plus en plus de spécialistes de la santé prôner en grande pompe la réhabilitation des graisses dans l'alimentation.

Oui, il est vrai que les graisses (saturées en particulier) ont été injustement diabolisées ces dernières décennies. Je ne vais pas vous conter toute l'histoire qui a amené à cet état de fait, car cet article est déjà bien long !

Mais j'ai l'impression qu'on ne semble pas avoir compris les leçons du passé, et que l'on intervertit simplement les rôles...

Aujourd'hui le discours ambiant tend plutôt à devenir quelque chose comme ça...

Donc finalement, on s'est rendu compte que les grands méchants, ce n'était pas lipides... mais les glucides ! (sic)

Il y a juste un petit soucis avec ce raisonnement. Lorsque l'on regarde les zones présentant le plus de centenaires en bonne santé (appelées Blue Zones ou zones bleues), on ne trouve pas de restriction particulière sur les glucides au profit des lipides.

La plupart ont une alimentation majoritairement végétale, composée de fruits, de légumes feuilles et racines, de légumineuses, et une part modérée mais présente de produits animaux. La proportion de graisses dans leur alimentation doit se situer entre 20 et 30 % d'après mes estimations.

La différence avec le régime occidental moderne riche en glucides ?

Il y en a plusieurs, notamment :

  • Les glucides sont naturels, non transformés, et à faible charge glycémique (pas de soda, de chips, ni même de céréales mutées comme notre blé moderne) ;
  • Les habitants de ces régions pratiquent la restriction alimentaire (jeûne) de manière régulière ;
  • Ils ont un environnement social et environnemental qui favorise l'épanouissement personnel et le maintien des bonnes fonctions physiologiques (et possèdent donc, à n'en pas douter, une bonne sensibilité à l'insuline leur permettant de consommer des glucides de qualité sans que cela ne pose aucun problème).

Quand on dit glucides, on ne dit en réalité pas grand chose... Il faudrait avant tout parler d'aliments.

Car malheureusement, la majorité des études mettant en avant les bienfaits du régime cétogène riche en graisses ne font que le comparer au pire régime alimentaire existant : le régime occidental standard composé de produits de supermarchés ultra-transformés qui n'ont plus rien à voir avec de vrais aliments !

Un exemple de cet amalgame est le fameux documentaire The Magic Pill faisant la promotion du régime cétogène. On y voit des personnes passer d'un état de maladie chronique avancé, avec une alimentation horrible (le mot n'est pas trop fort), reprendre vie en se remettant à consommer de véritables aliments.

Super ! Mais pourquoi tomber dans la caricature en assimilant obligatoirement un régime riche en glucides à une alimentation industrielle bas de gamme et un régime riche en graisses à une alimentation complète et saine ? La réalité n'est pas aussi binaire comme le montre l'étude des Blue Zones...

The Magic Pill

Le documentaire The Magic Pill est disponible sur Netflix en français.

Cela ne fait aucun doute qu'en remplaçant une alimentation faite de boîtes de conserves, de sodas et de chips par de véritables aliments, pas ou peu transformés, on ne peut que voir d'extraordinaires améliorations. À ce niveau, la proportion de glucides ou de lipides relève du détail.

Traiter le symptôme ou la cause ?

Ceci étant dit, il est effectivement possible à un moment donné d'avoir des difficultés à métaboliser les glucides, mêmes sains comme les fruits et légumes, à cause d'abus passés ayant provoqué des troubles métaboliques chroniques, des dommages au pancréas, au foie ou à l'ensemble du système digestif.

Supprimer les glucides en favorisant l'utilisation des corps cétoniques comme carburant peut alors permettre aux cellules de retrouver un second souffle, car elles sont enfin alimentés en énergie de manière convenable.

Mais si cela se fait à travers un régime cétogène trop riche en graisses, cela peut également engendrer d'autres problèmes à plus ou moins long terme comme je l'ai mentionné plus haut. Il faut donc arriver à gérer ce mode alimentaire de manière très fine pour ne pas risquer d'abîmer encore plus son organisme !

En réalité, la véritable question à se poser est celle-ci : a-t-on réglé le problème qui est la dégénérescence du métabolisme des glucides ?

La réponse est non, car on ne fait que contourner le problème en se branchant sur une autre source de carburant.

Il n'est pas normal de ne pas pouvoir manger de pommes, de bananes, d'oranges, de mangues, de pastèques, de patates douces, etc... (la liste est quasiment infinie). Des aliments qui sont loin d'être uniquement du sucre et qui apportent d'innombrables bienfaits comme tout le monde le sait aujourd'hui.

Soulager le symptôme peut être approprié parfois, mais si on ne s'attaque pas à la cause du problème ensuite, pour moi cela n'a pas de sens.

Le régime cétogène mime le jeûne ? Un (gros) abus de langage

Parmi les arguments en faveur du régime cétogène, on entend souvent dire que dernier mime le jeûne.

Est-ce vraiment le cas ?

Il est vrai qu'il y a un point commun entre le jeûne et le régime cétogène : il s'agit du  métabolisme énergétique (cétose), mais c'est le seul.

Le jeûne est beaucoup plus que la cétose.

En régime cétogène, on continue à s'alimenter, à digérer, à absorber, à assimiler, qui plus est avec une alimentation qui demande un travail digestif relativement important.

Le jeûne, à l'inverse, grâce à l'économie d'énergie considérable habituellement prise par la digestion (et je ne parle même pas de la perte d'énergie dû aux problèmes digestifs chroniques qui sont monnaie courante...) permet de nettoyer l'organisme en profondeur, d'autolyser les tissus dégénérés, de régénérer les organes et glandes dysfonctionnels.

Le régime cétogène permet encore une fois, s'il est bien conduit, d'apporter un soulagement au niveau symptomatique, alors que la pratique du jeûne permet une restauration en profondeur et une véritable régénération du terrain, s'il est également mené de manière intelligente.

Conclusion

Alors, le régime cétogène, est-ce vraiment la solution ? Vous l'aurez compris en lisant cet article, ce n'est pas tout blanc ou tout noir...

Les bienfaits des corps cétoniques sur lesquels repose le concept de régime cétogène ne sont plus à prouver aujourd'hui.

Seulement, il faut également prendre en compte ce qu'implique une alimentation extrêmement riche en graisses qui est dans la plupart des cas associée à ce type de régime.

L'alimentation est-elle de qualité et suffisamment riche en micronutriments ? L'organisme a-t-il la capacité de digérer autant de matières grasses ? Possède-t-il les circuits métaboliques actifs nécessaires pour les convertir en énergie (céto-adaptation) ? Autant de variables à prendre en compte avant de considérer ce type d'alimentation.

Mais en ce qui me concerne, le principal problème du régime cétogène est qu'il s'agit encore d'un régime. Un régime qui s'adapte au terrain déficient de la personne, mais qui ne s'attaque pas à la véritable cause du problème.

Si je devais définir une ligne de conduite, je dirais ceci : entraînez votre organisme à fonctionner sur les corps cétoniques, mais faites-le de manière intermittente (et plutôt en jeûnant qu'en se gavant de graisses) afin de stimuler votre capacité adaptative et garder un certain niveau de flexibilité métabolique. Il n'y a aucun intérêt à maintenir l'organisme dans un état de cétose profond perpétuellement.

Si vous souhaitez tout de même pratiquer un régime cétogène, pratiquez le jeûne en parallèle dont les bénéfices vont bien au-delà de la simple utilisation des corps cétoniques.

Et surtout, écoutez votre ressenti avant tout, car lui seul sait ce qui est bon pour vous.

Je crois que j'ai tout dit ! Maintenant, dites-moi dans les commentaires si ça vous parle, si vous avez des questions, ou encore des expériences à partager sur ce sujet, ça m'intéresse... !

Thierry Reid
 

Après avoir surmonté 30 ans de problèmes de santé chroniques, je partage désormais mon expérience et mes connaissances pour aider chacun à redevenir autonome en matière de santé.

  • Sacha dit :

    Article très complet , merci 🙂

  • Tina dit :

    Bonsoir Thierry, vous avez fait une analyse très recherchée et c’est tout à votre honneur. J’avais lu un article à ce sujet surtout par rapport à l’épilepsie. .. Pour ma part et bien que j’ai plusieurs kg à perdre, je ne m’engagerait pas dans cette voie, trop de risques je pense. Merci de vos partages vous êtes dans la bonne ligne de votre camarade T. Casasnovas et je vais continuer à vous suivre avec intérêt. Cordialement Tina

  • Stephane Gamache dit :

    Merci Thierry, c’est la meilleure synthèse sur les régimes alimentaires que j’aie lu! Bravo!

  • Pascaline dit :

    Merci Thierry, pour ma part, je fais un régime avec le moins possible de céréales, lait mais je mange les sucres des fruits,légumes racines et légumineuses, ce qui me permet d’avoir moins de mucus sur les muqueuses et beaucoup moins de gaz. Je ne sais pourquoi mon corps a tant de mal à digérer les sucres, avant j’en mangeais un peu et de bonne qualité je croîs sans problème . Probablement une accumulation de gros chocs émotionnels répétés sur plusieurs années. Ce que tu dis est très pertinent. J’ai une amie qui préconise le régime cétogène aux personnes ayant le cancer (selon les préconisations du docteur Schwarz ) pavec de bons résultats.

    • Thierry Reid dit :

      Merci Pascaline pour ton retour. 😉 On a du mal à digérer le sucre car notre système digestif est usé à force d’abus (les chocs émotionnels répétés peuvent faire autant de mal qu’une mauvaise alimentation chronique c’est certain).

      • Christine Diffuseuse d'Ikigai dit :

        Bonjour Thierry, merci pour ce super article…. C’est vraiment génial de faire des articles écrits, un bon relais d’un autre Thierry. Super cette image des bûches. J’écris ce commentaire ici car cet extrait m’a fait écarquillé les yeux : »il n’est pas normal de ne pas arriver à manger de pomme, banane, pastèque… » Ça se manifeste comment concrètement de ne pas arriver à diriger des sucres ? Des ballonnements,…. ?

        • Thierry Reid dit :

          Ballonnements, gaz, fermentations, fatigue ou nervosité, fringales…

  • Emeline dit :

    Merci Thierry pour cet article très bien expliqué et bien détaillé. Très chouette analogie avec les bûches.

  • Andrée Richard dit :

    Wow bravo pour l’article il est super ! Les deux côtés de la médaille sont expliqués ce qui est génial….Je sais que dans la vie rien n’est tout blanc ou noir….en voilà un autre exemple Bravo pour ce billet il est excellent. J’aimerais bien que tu nous fasses un billet sur la résistance à l’insuline qui semble un problème majeur de la prise de poids….Merci encore 😀

    • Thierry Reid dit :

      Merci Andrée. Bonne idée de sujet, il y a de quoi développer en effet. Merci pour la suggestion ! 😉

  • Anne dit :

    Merci Thierry, vraiment très intéressant et complet comme article. J’avais acheté plusieurs bouquins sur le régime cétogène et des recettes associées (vachement alléchantes 😉), mais je trouvais ce régime compliqué et contraignant. Je comprends mieux maintenant les raisons pour ne pas se lancer trop vite et sans raisons médicales importantes.

    • Thierry Reid dit :

      Objectif accompli alors. Merci pour ton retour. 🙂

  • Lucia dit :

    Merci beaucoup pour cet article si nécessaire ! En effet, un article sur la résistance à l’insuline serait complémentaire.
    Dû aux excès de sucreries et alimentation industrielle que je faisais il y quelques années, j’ai tendance à avoir des niveaux de sucres trop élevés dans le sang et fatigue adrénale. En même temps, mon foie me demande toujours de faire attention : pas manger trop gras, favoriser le transit intestinal avec beaucoup de fibres (pour compenser la difficulté à sécréter de la bile?). Donc, je dois rester entre les deux : pas trop sucrés, pas trop gras. Mais qu’en penses-tu de la théorie de 80-10-10 où il défends que le gras bloque les récepteurs d’insuline?

    • Thierry Reid dit :

      Oui, il s’agit de trouver un équilibre qui te convienne actuellement et travailler sur le terrain en parallèle. 😉

      Pour la dernière question, difficile de résumer en deux mots, mais je garde la question pour un futur article.

  • Joan dit :

    Je suis l alimentation cétogène depuis 6 mois, aucun saignement de nez ou autre problèmes. Je continue dans cette voie avec une énergie débordante, un clarté d esprit incroyable et un bonne humeur constante. Merci pour votre opinion mais la mienne restera mon expérience personnelle positive. Bonne journée

  • France dit :

    Votre article est vraiment intéressant et équilibré
    Je crois que tout les personnes desirant changer son mode d’alimentation devrait avant de commencer prendre le temps de bien se documenter avant afin d’evIter d’eviter des erreurs
    Gros merci de partager vos connaissances

  • France Caron dit :

    Il est vrai qu’un article sur la résistance à l’insuline serait la bienvenu, apprécié. J’ai vraiment aimé votre article. Merci.

  • Doléans dit :

    Merçi Thierry pour cet article qui éclairçit bien les choses . J’avais fait deux essais de régime cétogène il y a quelques années . J’ai perdu quelques kilos , c’était mon objectif , mais je me sentais très mal , au grand ralenti comme une zombie , toujours fatiguée .
    J’ai tenu environ 10 semaines la première fois et seulement 6 la deuxième , ensuite j’ai jeté l’éponge . Il me semble que c’est quand même un bon plan de réduire les glucides pour perdre du poids . Sauter le petit déj ne m’apporte rien , donc actuellement je garde tous les légumes , mais seulement 1 fruit par jour dans mon jus .

  • Guillaume G dit :

    Merci beaucoup cet article, très intéressant, nuancé et documenté ! Je rejoins l’avis des autres personnes ayant commenté pour suggérer un article sur la résistance à l’insuline. Cette phrase a également retenu mon attention :

    « l’équilibre minéral du corps est plus difficile à préserver en régime cétogène pour diverses raisons » : peux tu me renseigner les raisons principales que tu insinues ?

    • Thierry Reid dit :

      À cause de l’acidification (qui entraîne obligatoirement une déminéralisation), à cause du « vidage » des réserves de glycogène qui entraîne une perte d’eau et donc de minéraux, et aussi car ce sont les fruits et légumes qui contiennent le plus de minéraux comme le potassium. 😉

  • Valerie Farges dit :

    Bonjour , merci pour cet article . J’ai 54 ans . Je pratique une diète cétogène depuis trois mois, avec pour objectif de perdre 8 kgs ( pris à la ménopause malgré une alimentation équilibrée et la pratique quotidienne de sports ( natation, course à pied, vélo, yoga et musculation ) . Je ne perds pas de poids . Pourtant, je pratique le jeûne sec intermittent ( 16/8) , le plus souvent le OMAD ( un seul repas ) , sans ajouter trop de graisse ( 2 c à soupe environ d’huile d’olive et 1 cs de graisse de coco ) . J’ai pris conseille auprès d’une spécialiste de la diète céto … je désespère ! Avez vous des conseils s’il vous plaît ? Ah , j’oubliais de préciser aussi qu’il m’arrive de faire un jeûne de quelques jours aussi ( ces derniers trois mois de deux à 4 jours ) . Merci par avance pour votre réponse .

    • Thierry Reid dit :

      Bonjour Valérie. Vous faites un régime cétogène donc avec quasiment pas de glucides, et vous consommez seulement 2 c à soupe d’huile d’olive et 1 c à soupe d’huile de coco ? Vous mangez quoi exactement ? 🙂 Attention, car autant je prône le jeûne pour tout un tas de raisons, autant à un moment donné il faut manger, et manger vraiment. La restriction calorique chronique ne fonctionne pas pour la perte de poids sur le long terme, et peut même l’empêcher car le métabolisme s’adapte fait en sorte de déstocker le moins possible ensuite… (Voir mon article https://thierry-reid.com/3-erreurs-jeune-intermittent/).

      • Stephanie dit :

        Bonjour,
        Votre article m’a eclairee et fait douter .je suis le regime cetogene depuis 8 semaines avec 200 gr de graisse par jour et moins de 20 g de glucide et je prends du pouds au lieu d’en perdre.je n’arrive pas a me ceto- adapter.j’ai une bonne production de cetones entre 1.5 et 3 mais ma glycemie reste elevee malgres tous  mes efforts.je desespere! Est ce que le jeune ou le jeune intermittent peut induire la cetoadaptation? Voila ma question.

        • Thierry Reid dit :

          Oui, cette mode des 200 grammes de graisses par jour a été répandue par une coach cétogène américaine (Stephanie Person), relayée par certains de ses élèves en France. C’est un chiffre sorti de son chapeau qui ne correspond à rien, et comme je le mentionne dans l’article cela peut s’avérer extrêmement dangereux pour certaines personnes.

          Si tu as à la fois une cétonémie élevée et une glycémie élevée (donc une insuline élevée également), c’est clairement un signe de non-adaptation (et de risque d’abimer sa santé encore plus à court-moyen terme). Pourquoi ne pas essayer le jeûne intermittent, écouter un peu plus son corps et un peu moins les gourous du cétogène ? 😉

  • Julie dit :

    Bonjour Thierry,

    Merci pour cet article très documenté. Ayant déjà lu beaucoup d’articles sur le régime cétogène, je suis rarement tombée sur une synthèse aussi complète et qui prend le temps de ne laisser de côté aucun point de vue. Bravo !

    • Thierry Reid dit :

      Bonjour Julie et merci pour ton message. 🙂

  • Drouhin dit :

    Merci pour cet article passionnant et comme dit précédemment on ne s’en Pas à vous lire et votre « prose »😉 reste très accent.
    Encore merci pour votre générosité

  • Elrhim dit :

    Bonjour, merci pour cet article.

    Quelques remarques cependant, vous dîtes :

    « S’il fallait attendre de vider ses réserves de glycogène pour commencer à utiliser ses réserves de graisses, la perte de poids deviendrait impossible sans jeûner au minimum 24 à 48 heures. Cette théorie ne tient donc pas debout. »

    Bien entendu, mais comme vous le précisez vous-même, les matières grasses corporelles peuvent être utilisées même en l’absence de production de corps cétoniques (bien heureusement), il y a donc tout de même une grande différence entre un régime cétogène et une alimentation simplement pauvre en glucides qui ne favorise pas la production de cétones, on ne peut le nier.
    Pour aller néanmoins dans votre sens (on ne « passe pas » en cétose), ma nutritionniste m’a fait part d’un cas de Parkinson qui répondait très bien à une très petite quantité de cétones qui suffisait à calmer ses tremblements, son alimentation ne semblait pourtant pas cétogène à première vue.

    « S’il fallait attendre de vider ses réserves de glycogène pour commencer à utiliser ses réserves de graisses, la perte de poids deviendrait impossible sans jeûner au minimum 24 à 48 heures. Cette théorie ne tient donc pas debout. »

    Cette affirmation me semble un peu péremptoire, ne serait-ce seulement qu’en considérant l’efficacité des corps cétoniques pour retarder ou inverser le déclin cognitif. `A vrai dire les bienfaits des fruits (en généralisant) consommés en quantité modérée me semblent plus contestables que ceux des cétones, à cause de leur impact probable sur la conversion de vitamine D inactive en vitamine D active par exemple.

    Mais quand bien même, si la cétose profonde vous semble inutile, contraignante et potentiellement dangereuse, pourquoi ne pas alors vous attarder davantage sur la cétose légère ?
    Il se trouve qu’en cétose légère on peut consommer des légumes en quantités, il est plus simple dans ces conditions de subvenir à ses besoins en sodium, potassium, et magnésium.
    N’oublions pas que les glucides sont rares dans la nature par notre climat, en consommer en quantités ne va donc pas de soi.

    Belle journée à vous.

    • Thierry Reid dit :

      Bonjour et merci. Les glucides sont rares à certains endroits et abondants dans d’autres, le climat n’est pas le même partout… Et je ne suis pas contre la cétose ou certaines formes de régimes cétogènes, je lui donne simplement une définition un peu plus large que ce qu’on entend habituellement. C’est plus complexe que simplement une question de ratio glucides / lipides comme je l’explique en long et en large dans l’article. J’invite surtout à ne pas s’enfermer dans un cadre trop alimentaire rigide.

  • Linda dit :

    Merci pour le partage de votre recherche. En tant que membre pratiquant cet alimentation, ça m’a apporté un éclairage. Bonne journée!

    • Thierry Reid dit :

      Merci Linda. Bonne journée. 😉

  • Annie Lefeuvre dit :

    Bravo ! Un immense travail, complet et accessible. Merci pour ce partage.

    • Thierry Reid dit :

      Avec plaisir, merci Annie. 😉

  • France Lemire dit :

    Selon ton expérience,pour être optimal, équilibré et améliorer ta sensibilité a l’insuline et sans aller dans un excès de gras qui pourrait avoir un effet moins favorable a long terme? Pour une santé optimale et sans condition de santé particulière? Donc si tu pouvais partager ton opinion pour le ratio des macros? ;-))
    Merci pour ton article et les nuances….

    • Thierry Reid dit :

      La solution ne se trouve pas dans un ratio de macronutriments idéal qui n’existe pas. Lorsque l’on souffre de résistance à l’insuline, la baisse des glucides (mêmes sains) et l’augmentation des lipides (sains, encore une fois) est une bonne chose, mais sans aller dans un excès qui n’est ni naturel, ni instinctif… En deux mots (même si cela demanderait à être développé) : le jeûne est beaucoup plus bénéfique que n’importe quel régime pseudo-miracle pour restaurer un bon niveau de sensibilité à l’insuline. Ensuite il faut écouter son corps, car si tu habites en région froide et que tu es épuisée, tu sentiras automatiquement que tu as besoin de plus de lipides que si tu étais en grande forme et que tu habitais dans une zone tropicale (par exemple). 😉 La seule règle universelle, c’est que les protéines doivent toujours être minoritaires comparativement aux lipides ou aux glucides, entre 10 et 20 %, 25 % grand maximum… Ceci dit, idéalement on ne devrait pas compter ses calories, car cela nous maintient dans une attitude purement intellectuelle et nous coupe de nos vrais besoins qui peuvent varier d’un jour à l’autre… Il faut surtout se soucier de rétablir son système hormonal, et ces histoires de calories ne seront plus un problème.

  • claude dit :

    Bonjour Thierry,
    bravo pour ton excellent article, très intéressant, très complet.

    A un moment tu dis:
    « Si on raisonne par analogie, tout le monde est d’accord pour dire qu’un taux de sucre sanguin chroniquement élevé est le signe d’une mauvaise utilisation du sucre »
    Plutôt que « mauvaise utilisation du sucre » quand le taux de sucre sanguin est élevé, l’organisme au contraire l’utilise parfaitement dans la mesure de ses moyens. A savoir qu’il empêche le sucre d’arriver dans les cellules (qui en ont déjà trop!) car cela serait bien plus dommageable. C’est un mécanisme de protection et pas le problème justement, c’est la solution à la cause qui est de consommer trop de glucides. Et prendre de l’insuline est donc très grave et la pire des choses, car cela dégrade la situation au lieu de l’améliorer. Cela force les cellules à absorber le sucre dont elles ne veulent pas et contourne le mécanisme de protection naturel qui est de garder ce trop plein sucre dans le sang pour un moindre mal.
    Claude

    • Thierry Reid dit :

      Effectivement, j’ai fait un abus de langage. Très bonne remarque ! 🙂

  • Daniel Proulx dit :

    Salut Thierry,
    Intéressant de lire une analyse qui n’est pas brillante comme le jour ou noire comme une nuit sans étoiles et sans lune, mais un passage éclairé et éclairant à travers les deux.
    Peut-être serais-tu intéressé par un livre que j’ai écrit « LES CHANGEMENTS ALIMENTAIRES une bouchée à la fois ». Je n’y décris pas quels changements il faut faire, je n’ai pas les connaissances pour le faire mais plutôt comment faire les changements désirés dans le plaisir et avec succès.
    La moitié est une histoire et l’autre est un recueil de recettes crues que j’ai inventées ou adaptées à ma conception de ce qu’est une alimentation saine, qui est différente de celles que je perçois des nombreux livre de recettes crus que j’ai consulté où le sel, le gras et les épices fortes sont trop abondants.
    Bonne journée!
    Daniel Proulx.

  • Website Security Test
    >
    801 Partages
    Tweetez
    Enregistrer1
    Partagez800
    +1